8 - Est-ce qu’une centrale solaire thermodynamique serait envisageable ?

Les centrales solaires thermodynamiques à concentration exploitent le rayonnement direct du soleil via le chauffage d’un fluide. Les plus récentes atteignent des puissances de 100 MW ; par exemple, la centrale solaire de total dans le désert d’Abu Dhabi inaugurée en mars 2013. Mais la disponibilité en énergie de ces centrales est de l’ordre de 30% en plein désert, c’est-à-dire que pendant les deux tiers du temps, l’électricité devrait être fournie par un autre moyen de production, ou par un moyen de stockage. Si l’on veut que l’électricité stockée soit «renouvelable», il faut donc multiplier par 3 la puissance de la centrale solaire thermodynamique.
D’autant plus que ces centrales ne fonctionnent pas par temps couvert et nuageux. Dans le cas de la SLN, cela représenterait une centrale solaire de plus de 600 MW (en minimisant les pertes liées au stockage), bien au-delà de ce qui est réalisé actuellement, et qui, selon les ratios de la centrale d’Abu Dhabi, aurait une superficie de 16 km2 (la moitié de la ville de Nouméa) et un coût d’environ 3,5 milliards US$ sans compter celui d’un barrage de stockage pour assurer l’énergie nécessaire la nuit et par mauvais temps, ainsi que les lignes haute tension.
 

Le saviez-vous ?

Les centrales solaires thermodynamiques construites dans le monde ont été fortement subventionnées par les États pour la distribution publique. Et cela n’empêche qu’en Espagne par exemple, le prix du kwh produit est racheté 32 FCFP sur 25 ans, contre 18 en Nouvelle-Calédonie. Il ne s’agit donc pas encore d’équipements techniquement et économiquement viables pour un besoin industriel.