Deux techniques signées SLN En Nouvelle-Calédonie, comme partout sur la planète, il y a, en matière d'environnement, un avant et un après 1970. A cette date, l'exploitation minière qui se souciait peu, depuis la fin du XIXe siècle, des dégâts environnementaux qu'elle générait, a pris conscience de la nécessité de développer des méthodes plus respectueuses du milieu naturel qui la nourrit. La SLN, pionnière et leader des actions de protection de l'environnement sur mine, multiplie les initiatives et fait profiter de son expérience l'ensemble de l'industrie minière calédonienne en collaborant activement au Schéma Minier de la Nouvelle-Calédonie. Le budget "environnement minier" annuel de la SLN est de 900 millions CFP (7,5 millions d'euros) dont environ 250 (2 millions d'euros) en études et travaux. Chacun de ses quatre centres miniers dispose d'un budget de l’ordre de 100 millions CFP (840 000 euros) par an pour des opérations de préservation. Au début des années 1970, la SLN décide de travailler à préserver l’environnement et le cadre de vie des populations concernées par ses activités. La seule réglementation à l’époque (toujours applicable aujourd’hui) est un décret du 13 novembre 1954. Le mot environnement n’y est pas cité et aucune contrainte n’est dictée dans ce domaine. La SLN s'impose alors à elle-même des normes strictes validées par la DIMENC (Direction de l’Industrie, des Mines et de l’Energie de la Nouvelle-Calédonie) et aujourd'hui en partie reprises dans le futur Schéma de Mise en valeur des Richesses Minières. En une dizaine d'années, elle organise le stockage des stériles dans des verses maîtrisées, révolutionne le travail des mineurs en équipant ses sites de pelles hydrauliques et met en place un plan de gestion des eaux. C'est la naissance de la mine "propre". | La mise en verse des stériles miniers est une technique créée et affinée sur tous ses sites par la SLN. Aujourd'hui codifiée dans un guide pratique, elle fait référence auprès de tous les exploitants miniers calédoniens depuis 30 ans. Avant 1975, aucune précaution particulière n’était prise et les stériles miniers rocheux, les latérites ou les saprolites pauvres étaient simplement poussés aux abords des sites. Ils sont aujourd'hui stockés et répartis en versants compacts, appelés verses qui ne gênent pas l’exploitation et n'altèrent pas les ressources en eaux. Faites dans les règles de l’art, les verses garantissent une stabilité à long terme, même lors de pluies cycloniques exceptionnelles, et sont moins sensibles à l’érosion que les versants naturels en latérites. Depuis 1976, environ 300 millions de tonnes de stériles miniers ont été stockées sur l’ensemble des mines de Nouvelle-Calédonie sans porter atteinte à l’environnement sur l’ensemble des mines de Nouvelle-Calédonie. | | La grande verse à stériles de Kopéto, à Népoui, mesure plus de 153 mètres de hauteur. C’est la plus grande de Nouvelle-Calédonie. |
La mine de Tiébaghi est ouverte depuis 1996 | | La SLN a aussi développé, grâce aux pelles hydrauliques, une technique d’exploitation qui ne dégrade pas la végétation en aval, conserve un merlon de terrain naturel en partie supérieure des exploitations et préserve ainsi l'aspect visuel du paysage. La DIMENC (Direction de l’Industrie, des Mines et de l’Energie de la Nouvelle-Calédonie) a validé cette démarche en 1997. Elle contrôle 3 à 4 fois par an les verses des sites et, plus généralement, le respect des engagements pris par les mineurs dans leurs dossiers techniques de déclaration (campagnes de sondages, ouverture de carrière, etc…). |
La DIMENC reçoit chaque année un rapport de la SLN qui synthétise la surveillance qu'elle réalise sur ses verses. La maîtrise de la gestion des eaux sur mine est aussi l'une des fiertés de la SLN. Elle est le résultat de l’ingéniosité et de l’expérience de ses mineurs qui ont mis au point des techniques de caniveaux et de décanteurs permettant de gérer les eaux de ruissellement, de piéger les matières en suspension et de restituer les eaux propres au milieu naturel. L'ouverture des pistes de prospection et des routes d’exploitation profite de cette technique. Les sondages héliportés de plus en plus pratiqués ont pour leur part évité la mise en place de pistes et de plates-formes inutiles. Gestion des eaux et conservatoires à Tiébaghi Un exemple de gestion des eaux
| | Dans le projet Tiébaghi, la gestion des eaux industrielles a été particulièrement étudiée. Le dernier-né des sites SLN a eu, en matière environnementale, une opportunité plus grande que par le passé de prévenir plutôt que guérir. La quasi-totalité de l’eau utilisée pour le fonctionnement des installations amont et aval provient essentiellement d'un recyclage effectué à l’atelier de séparation solide - liquide. L'eau y est recueillie dans deux bassins de décantation de 3 000 m3 chacun qui alimentent par débordement un bassin d’eau recyclée propre de 6 500 m3. Grâce à un système de vidange utilisant un "bassin des pertes", une eau ayant circulé dans la laverie n'est jamais rejetée dans la nature. Le seul apport d’eau neuve nécessaire compense principalement les évaporations du séchage naturel du minerai et provient de la nappe de la Koumassi. Bassins de décantation, bassins ralentisseurs, enrochement des caniveaux, barrages filtrants et génie végétal : de nombreux ouvrages de gestion des eaux viennent étayer l'usine de traitement du minerai qui effectue un suivi draconien des impacts sur la qualité des eaux de surfaces, des eaux souterraines et de l’air. | La SLN a veillé à la mise en place de mesures compensatoires pour réduire les effets de son projet en créant, en collaboration avec la province Nord, un conservatoire de la biodiversité dans la vallée du creek à Paul afin de préserver le gecko et des espèces botaniques uniques. Elle a prévu deux conservatoires botaniques sur les bords du massif pour préserver les espèces existantes, des travaux hydrauliques sur le lit mineur du creek pour réduire l’érosion régressive des berges et la mise en place d'un programme de revégétalisation par hydro-seeding et plantation d’espèces endémiques. Télécharger le Fréquence Nickel n°28, dossier spécial "30 ans d'expertise environnementier" :
Environnement & Sécurité : Le programme Doniambo propre - La qualité de l'air - Recyclage : Des partenariats actifs - Gestion des eaux et mises en verses stériles - Revégétalisation - Charte environnement du groupe ERAMET - Les arrêtés ICPE - La délibération 104 - La sécurité
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