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C'est nickel ! Le langage courant s'est de longue date approprié le Numéro 28 des éléments chimiques pour exprimer une forme d'admiration spontanée ou une satisfaction légitime, mais aussi la qualité d'un travail bien fait. Pourtant la plupart d’entre nous ne savent rien du nickel. Au mieux, se l'imagine-t-on comme un alliage fréquemment utilisé dans l'outillage ou la décoration… en ignorant qu'au moment même où l'on prononce son nom, il a de fortes chances d'être omniprésent autour de nous ! Dans la batterie d'un téléphone portable, une pièce de monnaie, une monture de lunettes, des éviers en inox ou des ustensiles de cuisine…
| | Les sondages restent la base essentielle du travail des géologues |
sur les bateaux, dans les structures d'immeubles ou celles des ponts de chemin de fer, le nickel, cinquième élément le plus utilisé sur la planète, minerai de toutes les alliances et de tous les inoxydables, accompagne discrètement mais efficacement notre quotidien. Sans lui, il manquerait un maillon fondamental de notre version de la modernité que les pays émergents comme la Chine et l'Inde, la moitié de la population du globe, commencent à découvrir à grande vitesse ! Métal dur qui résiste efficacement à l'oxydation de l'air ou à la corrosion de l'eau, le nickel entre dans la composition des superalliages des turboréacteurs d'avion, des moteurs d'Ariane ou des centrales nucléaires. Nous en consommons 1,3 million de tonnes par an, contre 10 000 en 1880 au début de son exploitation. Revers de la médaille : en 130 ans, la teneur moyenne en nickel des minerais extraits est passée de 15 % à environ 2,6 %. L'histoire du nickel doit beaucoup à la Nouvelle-Calédonie et à la Société Le Nickel (SLN). La première dispose d'un tiers des réserves mondiales (le reste appartient au Canada, à la Russie, à l'Australie, à Cuba et à l'Indonésie). La seconde l'extrait, l'exploite et l'enrichit depuis plus d'un siècle. UNE ROCHE DE 37 MILLIONS D'ANNEES À l'Eocène supérieur, il y a 37 millions d’années, la dérive du socle continental calédonien fait émerger une couche de roche dont il ne reste aujourd'hui que la partie inférieure. Cette nappe constituée de péridotites, roches mères du minerai de nickel, recouvre aujourd'hui près d’un tiers de la superficie de la Grande-Terre.
Les péridotites sont essentiellement constituées d'olivine, un minéral qui contient la majeure partie du nickel. Altérées par le contact de l'atmosphère et des végétaux du climat tropical humide, elles se sont lentement enrichies en nickel et en cobalt, donnant naissance à une roche nouvelle, la saprolite. En Nouvelle-Calédonie, on appelle toujours traditionnellement toutes les saprolites, des "garniérites" en hommage au précurseur Jules Garnier qui en avait découvert une forme particulière (la véritable garniérite), autrefois très exploitée mais devenue secondaire. Au fil de l'érosion de surface, les saprolites se sont altérées à leur tour et transformées en latérites qui elles-mêmes se sont dégradées au fil du temps. Un tiers du sol de la Grande-Terre (voir schéma) est constitué, si l'on creuse de haut en bas, d'abord d'une cuirasse ferrugineuse sous laquelle peut se trouver un horizon de « grenaille » ou gravillons ferrugineux. Sous cette première couche se trouvent les latérites, produits terreux de couleur ocre. Dans certains cas, la partie supérieure des latérites est déstructurée, c'est la « latérite rouge » qui recouvre la latérite en place, dite « latérite jaune ». Sous les latérites qui ont une faible capacité de rétention du nickel, se trouve la saprolite, beaucoup plus riche en minerai, issue de la décomposition partielle de la roche mère, la péridotite.
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