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septembre 2013
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responsabilité environnementale
Une nouvelle
centrale électrique
pour l’avenir
L’actuelle centrale électrique a près de 40 ans, il a été décidé de
construire une nouvelle centrale d’ici 2018. Le charbon choisi
est un compromis réaliste entre l’environnement et l’économie.
L
a nécessité de cette nouvelle
centrale électrique sur le site de
Doniambo est le condensé de mul-
tiples enjeux :
Pérenniser :
la décision de construire
cette centrale à Doniambo s’inscrit dans la
volonté de pérenniser l’activité de l’usine
pendant encore 40 ans. Elle répond aussi
au besoin de sécuriser l’approvisionne-
ment en électricité en toutes circons-
tances, notamment en cas de cyclone. La
pyrométallurgie est un consommateur
électro-intensif : les fours de fusion ne se
refroidissent jamais. Toute interruption
d’alimentation électrique mettrait en dan-
ger l’outil industriel.
Restaurer la compétitivité :
les coûts
énergétiques de la SLN sont bien plus éle-
vés que ceux de ses concurrents et repré-
sentent 35 % du prix de revient du nickel.
La construction de cette nouvelle centrale
permettra – avec un outil industriel neuf
au rendement supérieur, un investisse-
ment supportable économiquement et
un combustible accessible et en quantité
suffisante – d’économiser un dollar US par
livre dans le coût de revient du nickel.
Avenir
Olivier
Chazalmartin,
directeur du projet
Centrale C
> « C » comme troisième centrale
électrique construite par la SLN
en Calédonie, mais aussi comme
charbon. En quoi sera-t-elle plus
respectueuse de l’environnement
que celle au fuel ?
La technologie du charbon pulvé-
risé nous permettra de limiter notre
impact environnemental, en dimi-
nuant de 10 à 15 fois les émissions de
poussières et de dioxyde de soufre, et
par deux celles d’oxydes d’azote. On a
souvent évoqué le gaz, mais l’analyse
stratégique que nous avons menée
a finalement démontré qu’aucun des
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fournisseurs de gaz que nous
avons sollicité n’était intéressé par
notre projet et que, par ailleurs, ce
combustible n’améliorait pas nos per-
formances économiques par rapport
au fuel.
> Quels gains économiques peut-on
attendre de la future centrale ?
Grâce à notre capacité à traiter un mi-
nerai à plus faible teneur, nous savons
que nous pouvons utiliser notre site
de Doniambo pendant environ 40 ans,
alors que la centrale actuellement en
activité, arrive à la fin de sa durée de
vie. Suite à la modernisation d’une
partie de notre installation pyromé-
tallurgique, il est donc nécessaire
d’investir dans un outil stratégique
comme cette centrale électrique qui
permette d’assurer la pérennité et la
compétitivité de notre modèle pyro-
métallurgique, et réponde à nos ob-
jectifs d’augmenter notre production
de 60 000 à 65 000 tonnes de nickel.
Par ailleurs, le recours au charbon va
diminuer de moitié les coûts d’élec-
tricité dans le coût de production du
nickel.
80
milliards CFP,
c ’ e s t
le montant prévu pour la construction de la nouvelle
centrale. Cet investissement sera un bon moteur pour
les entreprises calédoniennes dans cette période de
ralentissement de l’activité économique.
sur le chiffre
Le choix
La décision de construire la centrale au
charbon a été prise le 4 décembre 2012,
au cours d’un conseil d’administration
SLN auquel participent les actionnaires :
ERAMET 56 % Nisshin Steel 10 % et la
STCPI 34 %. Cette dernière est la société
territoriale qui comprend des représen-
tants des trois Provinces de la Nouvelle-
Calédonie.
Améliorer l’empreinte environnementale
et notamment la qualité de l’air :
l’outil
actuel étant en fin de vie, il n’est pas pos-
sible d’y ajouter des équipements plus
modernes qui permettraient de diminuer
les rejets atmosphériques. La construc-
tion d’une nouvelle centrale, conforme aux
normes métropolitaines les plus récentes,
permettra de disposer d’un outil moderne.
La technologie sélectionnée permettra en
outre de revaloriser les coproduits tels
que les cendres ou le gypse.